
Quelles sont les causes de cette crise ?
La principale cause sur laquelle sont d’accord une majorité de spécialistes est la dérèglementation du marché financier américain. En clair, le manque de règles a amené un ensemble d’acteurs financiers à aller au-delà de certaines limites.
C’est en fait la crise des « subprimes » qui est à l’origine de l’effondrement d’un certains nombre d’acteurs financiers à l’heure actuelle. Un « subprime » n’est pas pas un terme négatif contrairement aux idées reçues, cela désigne simplement un crédit à risque. C’est-à-dire un crédit accordé à un emprunteur ne fournissant pas de garanties suffisantes pour bénéficier du taux d’intérêt le plus avantageux.
Nous allons faire un petit retour en arrière. Les Etats-Unis ont une économie essentiellement fondée sur l’endettement des ménages et particulièrement sur l’endettement immobilier. Or les activités de prêts immobiliers n’y sont pas règlementés par leur banque centrale (FED), j’insiste sur le fait que cela ne concerne que les prêts immobiliers.
En pratique, n’importe qui peut y devenir courtier en crédits immobiliers et donc prêter de l’argent à ce titre. Ces courtiers pouvaient, sans aucune garantie sérieuse, aller présenter les demandes de prêt de leurs clients à une banque spécialisée dans le crédit immobilier. Ces banques pouvaient cependant demander des garanties à une des deux caisses de garanties que sont Fannie Mae et Freddie Mac.
Ces agences étaient à l’origine publiques, elles sont devenues privées par la suite mais elles ont conservé une mission de service publique. D’ailleurs, la dette émise par ces agences (actuellement 5 300 milliards de dollars), est considérée comme aussi sûre qu’un emprunt d’état. Pour ceux qui aiment faire des recherches, ce sont des GSE (Government Sponsored Enterprises), système particulier aux Etats-Unis.
Le problème est que la « validation » des demandes de prêts hypothécaires par ces deux agences n’étaient pas obligatoire. Du coup, plus de 50% des prêts accordés n’étaient basé sur aucune garantie. A cela, il faut ajouter que les prêts hypothécaires validés par Fannie et Freddie étaient en une partie très discutables. Jacques Sapir va même jusqu’à citer dans Arrêt Sur Image que l’apport initial concernant les subprimes étaient de 0.8 % de la valeur de l’achat !
Et c’est là que commence le point de non-retour. Les banques spécialisée dans les prêts immobiliers se retrouvent avec une masse colossale de prêts, car bien entendu tout le monde emprunte avec de telle non-conditions. Une masse tellement colossales qu’elles sont dénuées de sens comparée aux fonds propres que possèdent ces banques. Il n’y a donc qu’une solution pour ces banques : les titriser, c’est-à-dire rassembler toutes ces dettes et les diffuser sur le marché boursier. En clair, cela permet de vendre ses dettes à des actionnaires . Or ces actionnaires peuvent être règlementé et c’est là que la contagion s’est faite.
Mais vous me direz : « Comment est-ce possible ? Personne n’en voudrait... ». Et bien justement, aussi hallucinant que cela puisse paraître, cela passe par des acteurs qui eux non plus ne sont pas règlementés. Il s’agit des fameuses banques d’affaire (Investment Banks), les géants de Wall Street que sont Lehman Brother, Merrill Lynch ou encore Bear Stearns, pour ne citer qu’elles. Et pour finir le tableau, il a fallu transformer ces titres « pourris » en des titres en or pour les vendre facilement, c’est là que la bonne grâce des agences de notation est intervenue en notant la majorité de ces titres de la meilleure note qui soit, le fameux triple A (la même note que l’état français !).
Vous connaissez la suite, avec son lot de re-nationalisations, de rachats et de faillites.
Qui en est responsable ?
On est en droit de se demander « Mais qui va payer pour tout cela ? ». Le premier à payer et toujours le même, et même le pays de l’American Dream n’en réchappe pas, c’est le contribuable.
La culpabilité est multiple et le poids des « fautifs » est lourd...
- Les prêteurs immobiliers qui pour certains ont bâtis de véritables fortunes sur un château de carte, je ne peux m’empêcher de citer l’exemple d’Angelo Mozilo (7ème patron le mieux payé des Etats-Unis en 2006 : plus de 140 millions de dollars). D’autres, comme Richard Fuld (PDG de Lehman Brothers), se sont diversifiés sur le marché juteux des prêts hypotécaires, et à continué d’accorder des prêts aveuglément à l’heure où le marché immobilier s’effondrait.
- Les agences de notations qui ont pêché par un manque de compétence notoire, en notant des produits financiers complexes dont elles n’avaient pas les outils suffisants pour les évaluer correctement.
- La SEC (Securities and Exchange Commission), avec à sa tête Christopher Cox, gendarme de la bourse américaine, qui aurait dû renforcer les contrôles a fait tout le contraire en assouplissant de manière importante les règlementation des marchés.
- Les gouvernements qui ont suivi aveuglément le modèle américain, car il s’agit bien d’un problème de modèle de capitalisme et non du capitalisme lui-même (du moins sur cette crise). Avec à la tête les Etats-Unis, la Suisse, l’Espagne ou la Grande-Bretagne ont suivi ce modèle sans rechigner.
J’ajouterai un fautif qui nous concerne nationalement. Il s’agit de Dexia, avec à sa tête Axel Miller, qui a fait le choix plus que discutable de se diversifier dans la finance à haut risque via sa filiale FSA : un hedge fund (fond d’investissement à haut risque), se basant sur son métier originel qu’est le financement d’équipement collectifs, une activité très sécurisée sur le marché du prêt.
Un note Lot-et-Garonnaise qui fait le lien avec l’actualité de Villeneuve-sur-Lot parue dans La Dépêche du jour : « Villeneuve ne souffrira pas des difficultés de Dexia ».
Il y aura tout de même une petite justice dans cette crise. Angelo Mozilo a été mis en procès par l’Etat de l’Illinois et a dû renoncer à son parachute doré. Axel Miller a aussi renoncé à son parachute doré, plus ou moins sous la pression du Gouvernement.




Commentaires
Article bien écrit que tu avais publié y a un petit moment déja.J'aimerai rajouter aussi dans les origines de la crises , les rivalitées internes entre les principaux dirigeants des banques US , quand tu lis "confession d'un banquier pourri" tu apprend que la veille de l'éffondrement de la lehman que tout les dirigeants des banques savaient...
Ce sont réunie pour savoir quoi faire et qu'en qq minutes ils ont décidé de ne pas aider le dirigeant de la lehman.Ils avaient tous les fond propres suffisant pour renflouer les caisses mais juste par jalousie et rivalitées perso, ils n'ont rien fait, bien qu'ils savaient tous se que sa impliquerais. Le lendemain on apprennais la "chute" de la lehman et le point de départ de la crise....
jean-michel"fond d'investissement a haut risque" -> j'ai du mal à saisi là !
florian