J'ai le devoir de croire ! J'ai le devoir de croire que nos enfants auront la chance de vivre dans un monde qui aura compris le monde. Un monde qui aura compris que donner aux femmes les même droits qu'aux hommes ainsi que le même respect, c'est démultiplier la capacité d'un peuple à imaginer, à construire et à croire en son avenir. Un monde qui aura compris que l'autre n'est pas un étranger mais un être humain qui apporte chaque jour quelque chose d'inestimable à d'autres êtres humains. Un monde qui aura compris que ce qui fait l'Humanité, c'est l'union de peuples libres et différents qui font le choix d'échanger leur culture et leur savoir. Un monde qui aura compris que la connaissance appartient à toutes et à tous et que de cela dépend son avenir. Un monde qui aura compris que la nature est un perpétuel miracle duquel dépend son droit de vivre et de donner la vie. Un monde qui aura compris que la Terre est son bien le plus précieux, au-delà de tout ce qu'on peut posséder.

Et c'est parce que j'ai ce devoir de croire que je ne m'arrêterai pas en chemin, que je ne me retournerai que pour faire de nos expériences, bonnes ou mauvaises, les fondations de ce que nous construirons demain. Car ce que nous devons construire demain dépasse tout ce qui a été construit jusqu'à présent. Un Homme, ou bien même un million, ne suffiront pas à achever un tel chantier. Seul l'Humanité toute entière, à qui le monde a confié le pouvoir de choisir son destin, peut décider d'une seule voix de faire de ce monde espéré, de ce monde auquel je crois, le monde de demain.

Combien cela nous coûtera-t-il en batailles contre l'immobilisme, contre les mauvaise habitudes, contre les idées reçues, contre le défaitisme ? Je ne crois pas qu'une réponse existe. Mais je me bats car je sais que ce combat vaut mille fois cette peine et que je suis bien loin d'être le seul à le mener. Que l'on se nomme "démocrate", "humaniste", "républicain" ou même "justicier", la seule chose qui compte est que nous désirions le même monde.

Nous avons chacun le choix d'accepter ou d'ignorer ce devoir de croire que nos enfants nous ont confié. Mais faire ce choix est assurément la fierté de celles et ceux qui pourront un jour dire : "Tu sais, ce monde c'est le notre, car nous avons eu le courage de construire ce en quoi nous avons cru. Et ce en quoi nous avons cru, c'est que tu puisses y vivre heureux.". Ce monde sera celui qui laisse chaque Homme en paix avec chaque autre et chaque Homme en harmonie avec son environnement, chaque Homme en paix avec ceux qui côtoient sa vie et chaque Homme en harmonie avec ce qui lui donne vie.

Je crois profondément en l'Homme et nous avons tous le devoir de croire en nous. Ce devoir est la condition qui fera de nous les colons d'un nouveau monde. Notre monde. Celui que nous donnerons à nos enfants. Avec fierté.

Ivan Gabrièle
Citoyen du monde